Shiba Inu

Que faire pour que mon chiot shiba soit propre !

Vous avez accueilli à la maison une très jolie petite boule de poils, si attendrissante et si éveillée… Les journées sont maintenant rythmées par les découvertes, les jeux et les longues périodes de repos pour votre petit compagnon. Mais aussi, vous le constatez, par les accidents inévitables liés au manque de propreté! Pour votre nouveau petit compagnon, cette notion n’a pas forcément la même signification que pour vous…


Être propre pour le chien signifie ne pas souiller les lieux de couchage et de nourriture par les déjections. C’est bien de cette manière que la chienne éduque sa nichée chez l’éleveur (dans le cas des meilleures conditions d’élevage).
En effet, dès la naissance et tant qu’ils se nourrissent du lait maternel par tétée, les chiots sont incapables de déféquer et d’uriner spontanément. C’est la mère qui provoque l’élimination par stimulation anale (léchage) et qui absorbe les déjections, tenant ainsi le couchage propre.
EN DEHORS DU NID…
Dès le sevrage, le chiot commence à manger une nourriture solide. La chienne n’ingère alors plus les déjections de sa progéniture mais elle stimule alors les petits à aller faire leurs besoins en dehors du nid.
Si vous accueillez votre petit compagnon à 7 semaines (âge minimum légal de vente), le chiot est donc déjà propre puisqu’il ne défèque et n’urine plus dans l’endroit où il dort.
À l’arrivée dans votre foyer, le chiot doit donc s’ajuster à notre point de vue de la propreté: il doit apprendre à faire ses besoins en dehors de l’habitation. Il s’agit pour lui d’élargir jusqu’en extérieur l’espace entre le nid où il n’élimine plus et l’endroit où il pourra se soulager. Pour lui faire comprendre ce que vous attendez de lui, patience et persévérance seront de mise. Et surtout évitez les manières fortes qui ne fournissent jamais d’excellents résultats dans le cadre de l’apprentissage.
REPAS À HEURES FIXES
La défécation, naturellement, est fortement liée à l’ingestion alimentaire. Adopter un vrai rituel de distribution des repas, suivi de peu par une promenade facilite donc inévitablement l’apprentissage de la propreté par le chiot.
Tâchez de lui servir ses repas à heures fixes, et sachant que le chiot se soulage généralement après son repas, faites le sortir à ce moment-là.
En votre absence, vous pourrez limiter l’espace mis à sa disposition et lui choisir son lieu de couchage.
Vous réduisez ainsi les zones que votre petit compagnon peut souiller bien sûr, mais aussi vous imposez votre contrôle sur l’espace de vie en continuant ce que sa mère faisait en rappelant ses chiots à l’ordre quand ils s’éloignaient trop des zones permises.
DODO, PIPI…
Un chiot dort beaucoup, il va donc accorder de nombreuses heures au sommeil et souhaite se soulager presque automatiquement à chacun de ses réveils. Le sortir juste à ces moments-là, garantit une fois encore d’obtenir facilement des éliminations en des lieux souhaités.
Si l’on doit s’absenter plusieurs heures, il est envisageable de délimiter un carré d’aisance> (dans la cuisine, sur la terrasse,etc….) matérialisé par du papier journal ou une serpillière par exemple, suffisamment espacés de sa gamelle d’eau.
Stimulé par l’odeur de ses précédentes éliminations à cet endroit-là, il y reviendra plus volontiers.
Attention cependant, si cette méthode arrange de nombreux maîtres, il est évident qu’elle retarde le chiot dans son apprentissage à éliminer en extérieur. On lui apprend en quelque sorte que c’est permis de faire son pipi ou sa crotte dans la maison! Or on cherche précisément à lui faire comprendre le contraire…! Il faudra donc beaucoup d’indulgence quand il s’éternisera un peu à devenir propre!
EN CAS D’ACCIDENTS…


Malgré l’ensemble de ces précautions, il peut arriver que vous retrouviez des souillures à l’intérieur de la maison. Inutile de vous énervez trop vite, réagissez avec justesse pour renforcer le caractère positif de l’apprentissage!
Si vous le voyez flairer, tourner et vouloir se poser n’importe où, faites immédiatement savoir votre désaccord avec un NON!  bien sonore. Saisissez-le et sans plus, emmenez-le dehors ou à l’endroit de l’appartement que vous avez prévu pour cela.
Et surtout, félicitez le bien chaleureusement si vous avez la chance qu’il s’exécute et termine là où vous le mettez. Cette méthode d’apprentissage dite par renforcement positif permet d’accélérer le succès et la réussite!
Le but est qu’il finisse par associer que vous souhaitez qu’il se soulage à cet endroit-là et pas ailleurs. Mais aussi et surtout qu’il ne craigne pas votre présence quand il a une envie qu’il ne peut retenir. Car alors il pourrait ne plus faire facilement en laisse dehors (craignant votre proximité), ou bien aussi chercher à dissimuler ses déjections de la nuit par exemple en les absorbant (une des causes de coprophagie chez le chiot).
Quand vous ne l’avez pas surpris, contentez-vous de ramasser ou éponger hors de sa présence pour qu’il ne prenne pas votre position accroupie pour un appel au jeu!
Un nettoyage ensuite à l’eau vinaigrée est préférable à l’eau de javel dont l’odeur serait plutôt incitatrice à recommencer à cet endroit-là!
Si l’on a pu offrir des conditions d’apprentissage optimales, le chiot est propre entre l’âge de 4 à 6 mois, mais parfois un peu plus tard quand justement on le laisse seul de nombreuses heures.
L’apprentissage de la propreté demandera donc patience et persévérance de votre part… Mais vos efforts paieront et garantiront une cohabitation future dans les meilleures conditions.

La truffe dedans: ça ne sert à rien!!!

Un chiot de 8 semaines ne peut pas se retenir plus d’une ou deux heures dans la journée, trois ou quatre la nuit, et il ne faudra pas attendre de lui une réelle capacité à se retenir plusieurs heures avant l’âge de 6 mois. Il vous faudra donc au départ faire preuve d’un investissement important sur les temps de promenades et la fréquence des sorties de manière à conditionner au mieux les bons comportements et à garantir le succès de l’apprentissage.
Sortez le chiot après les siestes, les repas ainsi qu’après les séances de jeux (où il éprouve aussi facilement le besoin d’éliminer). Il vous sera alors aisé d’obtenir en quelques semaines un petit compagnon qui se soulage facilement dehors. Être aussi disponible n’étant pas toujours possible, il faut donc prévoir qu’il va naturellement se soulager dans la maison, sans qu’évidemment cela soit à punir. Si vous ne surprenez pas votre chiot sur le fait, ne le grondez pas. Évitez surtout de lui imposer la trop fâcheuse et trop pratiquée punition qui consiste à lui mettre la truffe dedans. Cela ne lui apprend rien sinon à vous craindre sans comprendre. Le chien est ancré dans le présent et ne peut associer une punition avec une bêtise faite dans le passé, même si ce passé est proche! La mine défaite qu’il adoptera à chacune de vos remontrances quand vous surprendrez un pipi dans la maison, ne sera (en langage chien) que l’attitude de soumission d’un chiot qui craint votre colère et réclame votre apaisement.
L’idée qu’il se sait coupable et demande votre pardon ne doit pas vous effleurer, cette interprétation n’est qu’anthropomorphisme…

Dr Bénédicte Flament