Shiba Inu

shiba reproduction

  • Chiens japonais un succès grandissant

    Au nombre de 10, les races nippones sont plus ou moins connues hors de leur archipel mais au pays du Soleil levant, elles sont adulées au point que certaines font partie du patrimoine naturel national et sont protégées comme des animaux en voie de disparition. Exotiques et dotés d'un calme nippon légendaire, ces chiens qu'on dit chiens-chats connaissent un succès grandissant en Europe.

  • Faire reproduire son Shiba Inu : amour ou intérêt ?

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    Faire reproduire son Shiba Inu : amour ou intérêt ?

     

    Ce sujet déchaîne souvent les passions, et pour cause : faire   reproduire son chien ou sa chienne est un acte qui doit être   parfaitement réfléchi, car souvent lourd de conséquences.

     

    Nombreux  propriétaires rêvent d’avoir un jour une portée de leur  compagnon  adoré qui «est le plus beau, le plus gentil », bref, parfait …  à leurs  yeux.

     

    Pour autant, faire naître et socialiser des chiots  correctement, ça  ne s’improvise pas : éleveur, c’est un métier, pas une  vocation. Cela  nécessite des connaissances pointues sur la race, sur  la génétique, sur  le comportement canin, sur le développement physique  et psychique du  chien.

     

     

    1)      Le choix des reproducteurs

     

    C’est  certainement le point le plus délicat ; nous voyons fleurir sur   internet et réseaux sociaux des annonces de saillies ; nombre de nos   connaissances veulent faire une portée à leur chien… mais ces personnes   savent elles vraiment ce qu’elles font ? Font-elles réellement les bons   choix ?

     

    -          Physique et caractère : « mon  chien est beau  et bien charpenté » … oui mais peut être a-t-il un  prognathisme ou un  autre défaut qui fera de lui certes un joli chien,  mais pas un beau  reproducteur. « Mon chien est gentil » …  oui, mais  parfois il a des  peurs excessives ou des montées en pression parfois  surprenantes  vis-à-vis de certaines situations anxiogènes.

    Le  physique et le caractère sont des éléments très importants, car  ils se  transmettent aux chiots : combien de propriétaires font  reproduire  leurs chiennes craintives, parfois même agressives,  transmettant ainsi  leurs gènes à leur chiot ? De plus en plus  malheureusement.

     

    -          Age des chiens reproducteurs : la maturité  physique n’est pas suffisante pour faire reproduire un  chien. Ne seriez  vous pas choqués si une petite fille de 13 ans était  enceinte ? Il est  important de choisir des chiens ayant atteint la  maturité physique mais  également psychique : on évite donc de faire  reproduire une chienne  avant ses 24 mois. De même, la ménopause  n’existant pas chez la chienne,  on évite aussi de faire reproduire une  chienne trop âgée (après 6 ans),  car les risques de difficultés lors de  la mise bas augmentent  considérablement.

     

    -          Etude des lignées : dans de nombreuses  races, il existe des maladies génétiques et  héréditaires. Ces maladies  peuvent être dites récessives, ce qui  implique que les deux parents  doivent être porteurs du gène défectueux  pour transmettre la maladie au  chiot. Mais il existe à ce jour des  maladies dont le mode de  transmission n’a pas été encore établi, et il  est impossible de savoir  si elle se transmet par le biais d’un seul ou  des deux parents. C’est  par exemple le cas pour l’adénite sébacée et le  VKH chez l’akita : à ce  jour, nous savons qu’il s’agit de maladies  génétiques, mais nous ne  savons pas encore si seulement l’un ou les  deux parents doivent être  porteurs pour transmettre le gène au chiot.  Pour cela, il extrêmement  important (quand on est un minimum  consciencieux) de connaître  parfaitement les lignées de chacun des  reproducteurs et de s’assurer que  d’un côté comme de l’autre, il n’y a  pas eu de chiots malades, en  remontant bien au-delà des parents et  grands parents.

    La consanguinité est également un facteur très  important, souvent  négligée par les naisseurs. Certains avancent, pour  justifier un mariage  trop consanguin, que le but est de fixer certains  caractères génétiques  de la lignée (couleur, taille, etc…) … oubliant  soigneusement que les  tares sont du coup fixées à leur tour ! Car dans  ce type de mariages, il  n’y a pas que les gènes positifs qui sont fixés  (Cf : http://www.fci.be/uploaded_files/29-2010-annex-fr.pdf )

     

    -          Tests de santé : bien souvent négligés par  les particuliers, certains sont pourtant  d’une importance capitale. Par  exemple, sur les chiens de grande race,   les radiographies des hanches  devraient être effectuées  automatiquement pour toute reproduction pour  écarter d’importants  risques de dysplasie. D’autres tests, en fonction  des races, devraient  aussi être imposés : examen des tares oculaires,  coudes, gènes du poil  long, carte ADN, etc …

    Personne ne devrait acheter de chiot sans avoir vu au préalable les tests de santé des deux parents reproducteurs.

     

    2)      La socialisation des chiots

     socialisation chiot shiba

    La  socialisation du chiot est d’une importance capitale : de la  réussite  ou de l’échec de cette étape dépendra l’adaptation du chiot  dans sa vie  future.

     

    Cela commence dès l’instant où les chiots sont  dans le ventre de leur  mère. De très nombreux exercices peuvent être  réalisés pendant la  gestation de la chienne afin de commencer à  sensibiliser les chiots au  monde extérieur.

    Une fois mis au  monde, une très grosse responsabilité incombe au  naisseur : beaucoup  s’en remettent à la mère, pensant qu’il faut  « laisser la nature suivre  son cours ».

     

    Pour autant, si l’on souhaite que les chiots  évoluent favorablement  dans notre société humaine, il faut les y  préparer. La mère transmet les  codes canins mais n’est pas apte à  socialiser ses petits à nos codes à  nous.

    Contrairement aux idées  reçues, il ne faut pas attendre les 8  semaines d’un chiot avant de le  sortir. Il est très important qu’il soit  soumis à de multiples stimuli  (dont l’intensité et la durée sera à  adapter en fonction de son âge)  afin de le préparer à sa vie dans son  futur foyer : ainsi, si le chiot  est destiné à vivre en plein centre  ville avec un chat et des enfants,  il faudra qu’il découvre tout cela  avant son arrivée dans son nouveau  foyer.

     

    Il est donc essentiel que le naisseur ait :

     

    -          Des connaissances concrètes et pointues:  sur  le développement physique et psychique du chien, savoir à quel  moment il  est possible de le soumettre à tel ou tel stimulus, lui  présenter des  êtres vivants (humains et animaux divers et variés), de  nombreux objets  de toute sorte, différents environnements, tout en  respectant des règles  strictes d’hygiène.

     

    -          De l’espace :  selon les races, certaines  portées peuvent atteindre 10 à 12 chiots,  qui prennent de plus en plus  de place au fur et à mesure qu’ils  grandissent.

     

    -          Du temps :  on ne socialise pas un chiot  uniquement les week end et une ou deux  heures par jour en semaine, c’est  un travail quotidien et de longue  haleine si l’on souhaite faire les  choses correctement

     

    -          De l’argent :  vermifuges, antiparasitaires,  soins vétérinaires, identification par  puce … une portée coûte souvent  bien plus cher qu’elle ne rapporte.

     

    3)      Le choix des futurs propriétaires et le suivi du chiot

     Shiba Inu chiots Belgique

    Savoir  choisir correctement les propriétaires qui conviendront aux  chiots  peut s’avérer être un vrai parcours du combattant. Leur mode de  vie  convient il au chiot, à sa race ? L’environnement de vie dans lequel  il  va évoluer sera il adapté ? Sauront ils faire face aux soucis divers   que l’on peut rencontrer lorsque l’on prend un chien (problème de   santé, de comportement, etc …) ? Sont-ils prêts à s’investir sur 10 ou   15 ans ?

     

    Difficile d’être sûr … mais c’est du choix du  naisseur que dépendra  l’avenir des chiots. Et si l’un de ces  propriétaires venait vouloir  abandonner le chien, quelle sera la  réaction du naisseur : cherchera  t’il à le récupérer pour le replacer,  quelque soit l’âge ou le souci de  l’animal ? Ou laissera-t-il ses  clients le vendre sur internet au  premier venu ?

     

     

    Vous  l’aurez compris, faire reproduire son chien n’est pas à la  portée de  n’importe qui. Alors posez-vous les bonnes questions :  pourquoi  tenez-vous absolument à ce que votre chien se reproduise ? Avez  vous  les compétences requises pour faire en sorte que tout se passe le  mieux  possible, tant pour votre chien que pour les futurs chiots ?

     

     

    Aimer, c’est savoir faire passer le bien des autres avant ses propres envies.

    Céline Morin

    Cynologiste La Voix du Chien LVC et Secrétaire Association Info Santé Inu

    http://www.lavoixduchien.com/

    L'Akira le shiba et son petit cousin